La restauration d’en face

La restauration d’en face

octobre 10, 2018 1 Par ArielLittel

Excepté un texte, qui doit se sentir bien seul dans la centaine que compte aujourd’hui ce blog sur la restauration, je me suis toujours abstenu, sur cet espace virtuel, de mentionner mes convictions politiques.

Certainement, car il m’est difficile de les qualifier de « convictions ». Et car dans ce métier, nous devons servir et sourire sans les prendre en considération. À la table dressée par des professionnels, tous sont bienvenus, tant qu’ils savent se tenir.

Ainsi, ce n’est toujours pas aujourd’hui que je m’épancherais sur mes idées. Vous ne saurez pas ce que je pense de notre président, d’ailleurs vous vous en foutez probablement. Vous avez raison.

Par contre, devant la levée de boucliers et de protestations ignares dont ses propos récents firent l’objet, il faut bien rétablir la sobre vérité. En un peu plus de 140 caractères, et sans jeu de mots. Il va sans dire que les réactions à chaud engagées et mensongères sont plus vendeuses.

Certes, parler restauration à un horticulteur est hors de propos. Comme apeller un barman « chef ! ». Ou demander au président de faire du cas par cas. Je m’imagine mal aller le sommer de me trouver un emploi que j’aime, ou de me libérer mon service de samedi prochain. Ce qui n’est pas hors de propos, par ailleurs, est l’affirmation de Monsieur Macron.

 

restauration traverser barman

Certains ont traversé il y a bien longtemps déjà!

 

La restauration et l’hôtellerie embauchent. À tour de bras. Tout le monde et n’importe qui, au grand dam de ceux qui y officient déjà. Et si la rue en face ne présente pas qu’un malheureux PMU à la dérive, mais bien plusieurs établissements, alors l’affirmation de notre président est vraie.

Les horaires sont contraignants, le labeur rude, la réputation et la reconnaissance inexistantes. Les payes ne sont pas à la hauteur de la peine, et l’alcoolisme guette à chaque coin de table. Rengagez-vous, qu’ils disaient.

Le fait est cependant là, comme une addition posée sur la table. En restauration, il y a pénurie de candidats pour une offre pléthorique. Certes, il est peut être temps que le métier se demande pourquoi personne ne veut plus y faire carrière, et fasse son mea culpa. Ceux qui rigolent de l’affirmation mentionnant une rue à franchir, aussi.

Pour une fois qu’une vérité sort de la bouche d’un politique, ça méritait bien un article.